Saison 2010/2011

Vendredi 17 décembre 2010 à 11h et à 20h / LECTURE - Entrée libre sur réservation
Au Lull- 59 av. du Général de Gaulle 93170 Bagnolet / Tel : 01 43 63 85 42

 

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LES OPÉRAS DE JEAN-GILLES

ou le voyage matriciel d’un homme comme tout le monde...

Musique / Jean-Louis Méchali assisté de Loïc Leroux
Texte et mise en espace / Gilles Sampieri
Avec / Gora Diakhaté, Emmanuelle Labeau, Céline Marguerie et Pascal Tagnati (Comédiens) et Alain Guazzelli, Boris Laroche (musiciens)
Vidéo / Boris Laroche et Gilles Sampieri
Coordination technique / Walter Pace, Alain Guazzelli

Association de deux structures de recherche artistiques

Jean-Louis Méchali (LULL / Lutherie Urbaine) et Gilles Sampieri (Le Colombier / Cie Langajà Groupement) vont s'associer pour mener une recherche sur les questionnements sociaux associés aux migrations. Apporter cette réalité contemporaine à l'opéra en se servant de l'implantation des deux structures sur le territoire. Engager une technique anthropologique avec les outils de l'écriture musicale et littéraire.

LE PROCESSUS ARTISTIQUE

Cette lecture proposera une installation multiple des langages musicaux, littéraires et cinématographiques. Un processus-montage sur les notions du cheminement. La marche, les cycles et les pressions du climat, l’intime voyageur face à la pesanteur des informations dans nos sociétés contemporaines.


L'espace scénique est un montage des quatre coins du monde, où les trois pôles :  L'atelier de Jean Gilles, L’arctique et l'Antarctique se découpent comme les mini scénarios d’une course contre la montre. Il existe aussi un pôle virtuel, celui des machines, des robots.
Ces scénarios parallèles sont les opéras de Jean Gilles. Comme des parcelles de la planète qu’il convoque pour son agence de voyages… D’un désir de voyager, de la peur aux fantasmes ;  il s’agira d’un montage dramaturgique sur la modification des distances, la modification des espaces, la construction rapide des images et des identités comme elle a lieu dans notre monde contemporain. L’immensité des territoires, les distances dé-spatialisées que nous parcourons virtuellement par Internet ou par les images de la publicité ont inspiré le système scénique.


Une installation multiple, c’est à dire composée de divers médias artistique dont deux principaux :  la musique et le texte. L’action sera soutenue par l'image, la facture des instruments hybrides, et la machine numérique comme acteur d'aujourd'hui. Toutes ses sonorités ces images ces mots incarnés à la fois, sont pris en charge successivement par les machines et les instruments traditionnels. Ce panel sur la scène composera à la fois les éléments du voyage, et la conscience du personnage principal qui s'échappe, à travers ses « opéras intimes».

Cette forme est opératique parce qu'elle tente de traverser avec la musique et le texte :  à la fois le quotidien professionnel, et l'esprit secret du personnage. À la fois convoquant la musique, le texte, le son et la voix. Le travail scénique interroge les possibles relations de la musique contemporaine assistée par informatique avec le texte, la voix elle-même sonorisée, amplifiée. La voix à différents niveaux de conscience, celle qui interpelle, qui dialogue et celle qui porte notre interrogation secrète au monde.


De cette apposition du montage devra naître progressivement le sens. Cette composition de chacun des langages, à l’endroit de chacun des pôles vers une lecture plus globale ;  où le spectateur pourra percevoir de ses quatre destinations du sens, un état général :  Sa propre perception, et la synthèse qui se dégage du tout parcouru par les différents personnages.


L’espace du plateau est l’espace furieux de nos peurs contemporaines, la mise en danger rapproché de tous les enjeux écologiques inhérents à notre présence dans cet espace de vie qu’est notre planète. L’immensité des territoires, les distances dé-spatialisées que nous parcourons virtuellement par Internet ou par les images de la publicité ont inspiré le système scénique. Ce processus théâtral interroge la forme opératique pour la dépasser, il ne s’agit pas d’un opéra mais d’une possibilité musicale et littéraire de traverser sensiblement notre perception saturée des images du monde.


Le spectacle est une enquête sur l’inconscience et la culpabilité du voyageur contemporain. Les personnages sont à la recherche de leur image première, de leur instinct poétique du voyage. Et pour faire ce trajet ils doivent traverser le miroir, celui des images et des comportements touristiques. Les images réelles de la matière créative face à ce monde virtuel qui les assiège.
Combat de notre nature profonde face au comportement collectif. Interrogeant nos raisons de voyager au sein de notre conditionnement touristique.
Jouer de notre manie à vouloir posséder le monde, ce ministère touristique face au mystère, aux archétypes directement confrontés à notre matière imaginaire.
Opposer les profondeurs mystérieuses de la nature à notre survol des territoires par le trajet touristique rapide et accéléré. L’imagination se révèle alors comme la seule piste pour chaque être humain de retrouver sa relation au voyage.


Il ne s’agit pas d’un opéra, mais de la progression d’un personnage vers le lyrisme du voyage contemporain. Une équipe artistique multidisciplinaire pour décrire ces trajectoires contradictoires de l’organisation du tourisme.

La construction du travail suit le même chemin :  Nous ne posons pas une forme d’opéra dans nos premières rencontres avec le public, mais l’écriture du texte et de la musique tend vers cette progression vers le lyrisme au moment où ils sont nécessaires. Les chœurs permettent une écriture musicale qui pourra être polyphoniquement chantée par un chœur d’opéra. Les musiques naviguent entre la musique électronique, les sons de la nature et la musique lyrique. Les interprètes pourront passer ensuite pendant les répétitions du parlé, au parlé-chanté, et aller jusqu’au chant. Un trajet du réel au lyrisme, c’est-à-dire pas une forme figée dans son appellation, mais un voyage vers la possibilité de rejoindre les formes lyriques, urbaines, ou d’objet de captations qui peuvent supporter les sujets abordé avec les nouveautés et les distanciations nécessaires à l’actualité du sujet. Une valeur poétique, lyrique émotionnelle qui puisse naviguer comme la société, dans les rôles multiples et complexes que nous occupons.


Ce voyage est dit matriciel car il s'agit de notre rapport à la planète terre comme matrice de nos existences. Matrice comme l’espace scénique, monde distancié de notre mouvement ou de notre projection imaginaire. Notre parcours, ou notre impossibilité à nous véhiculer sur le globe. Notre relation aux cultures, notre relation à la terre ;  toutes ces informations sur l'espace du plateau composent une identité internationale possible qui obsède Jean-Gilles.


L’urgence des personnages est un moyen de revisiter notre sensibilité aux informations. Difficulté de marcher, problème à se retrouver ou à se perdre. Ces personnages ne sont pas des héros, c'est à travers leurs faiblesses que le spectateur pourra regarder les faits souvent catastrophiques de nos actions sur la nature et ses occupants. Rires des personnages comme de l'effet de nos actions réelles. La relation qui est posée est en réalité la nôtre, relation contemporaine au voyage à notre terre aux autres hommes, et ce, dans nos immobilités urbaines, ou pendant nos cheminements.


Les voyages de Jean-Gilles c’est aussi une histoire sonore, une littérature de combat, une musique de combat, combat de la nature face à l’homme à ces images à la consommation. Combat de notre nature profonde face au comportement collectif.


Les images omniprésentes dans nos vies tous les jours, sont les acteurs importants de la construction des folklores. En termes de voyage contemporain elles me paraissaient donc indispensables, et ont été écrite dans le scénario. Ces images restituent pour le public, à la fois les extensions de l'esprit de Jean-Gilles, et les outils de son travail pour l’agence de voyage.
Le texte parle des notions de déplacement, de notre motricité d’aujourd'hui. De nos possibilités à voyager beaucoup plus vite qu'avant. Ces nouvelles formes de voyage, (forme matérielle de voyages- forme virtuel de voyage) impliquent ainsi l'image comme un média important de ces multiples transformations.


L'utilisation de la vidéo pour imaginer les voyages, pour vendre les voyages. La communication entre les cultures empreinte certaines formes de ces outils virtuels. A travers Internet, à travers le cinéma on rencontre subitement nos futurs voyages. La vidéo devient notre captation, notre manie de conserver de figer les instants par les images mouvantes ou la photographie.
Cette fenêtre sur le monde, est sur la scène, la démultiplication des esprits de Jean Gilles, des opéras de Jean Gilles. Ces fuites ou ces quêtes pour la prise de conscience de l'état de la planète, et des conséquences de notre art contemporain à voyager.


L’Image dans le processus scénique, devra mobiliser un certain nombre de stimulation mentales afin que le spectateur ait accès à un niveau de représentation visuelle de mémoire, et d’émotions qui vont être produits intérieurement par les personnages. Ajouter à la musique et au texte des sensations de synthèse entre l’intérieur l’extérieur formulé. Reformuler les actions avec et les sentiments qu’elles engendrent dans notre conscience.
Dispositif présent des personnages de l’artiste comme celui du public, la technique comme un souffleur. Répétiteur obsessionnel de nos actions


Nous avons composé sur un carré d'espace scénique, une représentation du monde où pourra progresser le voyage, un voyage du musical et littéraire vers les deux pôles de la planète, une progression des extensions poétiques de notre situation face au voyage industrialisé : Les opéras d’un homme comme tout le monde…


L'espace scénique, l'espace du texte et l'espace musical : ne sont pas réalistes dans leur progression, mais utilisent les clés du montage, de la distanciation par une apposition anachronique de point de vue qui génère des contradictions, des modifications de distance, de rythme. Comme dans notre quotidien autant de juxtapositions qui animent les conflits et les richesses du monde d'aujourd'hui.


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La partie que nous ne lirons pas aujourd’hui. Dans la dernière partie on insistera sur une dialectique entre le corps et la nature. Dans la pleine banquise, la pleine force des éléments l’intelligence du corps se resitue face à ses forces de la nature. Des situations qui animent les substances et les forces de la nature, comme des agents projetés vers les personnages. Tous les protagonistes dans une même direction, un univers où tout est à jouer. Du dément touristique passer à des mondes unifiés qui vont amener nos personnages à s’identifier. Retrouver l’extraordinaire rigueur, et vigueur de découvrir, de voyager en surpassant l’image virtuelle excessive.


Le texte est écrit de manière à pouvoir s'adapter à diverses distributions, les secteurs peuvent être pris en charge par un nombre d’interprètes évolutif, plus ou moins importants selon la situation et le contexte de production.
Les opéras de Jean Gilles sont en finalisation d’écriture. Il s’agit, dans un processus scénique qui associe musique texte et image, de confronter la consommation du voyage et les parcours des véritables découvertes. Des véritables espaces qui restent à conquérir.