Saison 2012/2013

En Janvier 2013

En partenariat avec Le Colombier, VIVACTE présente

Les Chantiers de DYProcess / Focus France - Portugal

SAMEDI 26 JANVIER À 20H30 /WORK-IN-PROGRESS / Tarif unique à 8 euros

© Manuela Pessoa

MILLENIUM - TREMENS

 
Conçu par David Desoras
Avec Yves Chedemois, Roger Contebardo, David Desoras, Alexandra Fadin, Elise Roth, Rui Spranger
Lumières Johann Ascenci
 

Pensez à ce qui vous différencie des autres candidats

Quelque chose a dérapé… 2004... 2013… 2007… 2010… Deux hommes dont les parcours entrent en collision au sein de la société Chantélécom : Jean, téléacteur à ses débuts, et Jean-Pierre, directeur des ressources humaines. Au fil d'une chronologie en volute où les services paraissent continuellement en restructuration, Jean et Jean-Pierre ne cessent de se retrouver, comme une dernière résistance ou un garde-fou, au cœur des mutations accélérées d'un monde du travail au mystérieux ordre chaotique.
Mais c'est encore 2016 : Jean et Jean-Pierre surnagent en persistant à (se) raconter l'histoire, cherchant un vrai rôle contre la superproduction : film de guerre ou de mafia qu'importe, la fiction n'a plus besoin de nom, elle règne sans partage, nourrie par les individus mutés en entreprises individuelles siglées facebook, où chacun s'auto-exploite pute sociale décomplexée, star d'un instant sans cesse réactualisé.
Des vagues de suicides menacent les deux extrémités de l’organigramme et pourraient l’évanouir en un souffle. Autant faire des lip dubs entre amis, échanger les sex tapes des ennemis, pour décompresser ? Il n'est peut-être pas trop tard puisque la séance continue affiche déjà 2004…

Une première version de ce work-in-progress a été présentée au TAGV de Coimbra (Portugal) en mai 2012. La création du spectacle Millenium|tremens est prévue pour la rentrée 2013.

DIMANCHE 27 JANVIER A 17H/ LECTURE MISE EN ESPACE / En entrée libre sur réservation

© Manuela Pessoa

DéJà VU (Em Marcha #01)

 
Conçu par David Desoras
Texte Paulinho Oliveira
Traduction collective Leontina Santos Ribeiro, Yves Chedemois, David Desoras, Alexandra Fadin, Paulinho Oliveira, Rui Spranger
Avec Yves Chedemois, David Desoras, Alexandra Fadin, Rui Spranger, Roger Contebardo
 

Genèse/ David Desoras

J'ai commencé à me rendre au Portugal l'année de gestation du projet DYProcess, en 2002. Je ne savais de ce pays que ce que le cinéma m'en racontait : ça a commencé comme ça ; c'était de la faute de Manoel de Oliveira, surtout... Et puis, un équilibre fragile s'est créé au fil des ans : s'épuiser en France, se ressourcer là-bas, au cœur des paysages, des villes, auprès des gens. Nous avons eu envie de travailler avec un comédien de Porto, Rui Spranger, mais pour nos spectacles en France... Nous étions surpris par notre ignorance de ce pays si proche géographiquement, si proche historiquement, si lié à nous aussi par tant de gens qui avaient choisi à un moment de venir travailler en France. Et puis il y a eu Pedro Costa, João Pedro Rodrigues, Miguel Gomez... Ne pouvait qu'advenir le désir de travailler là-bas... Et alors, dans le même temps : le désir de contribuer à faire entendre en France des voix qui y accèdent peu, ou pas du tout.

Lors de notre visite au Portugal de 2011, nous étions donc portés pour la première fois par ce double désir. C'est là que Rui Spranger nous a présenté Paulinho Oliveira en juin, à Porto : on a accroché tout de suite, comme on dit. Ça tombait bien : il avait un texte pré-traduit en français, encore inédit au Portugal, qui nous a tout de suite séduits. Paulinho avait décroché des prix un peu partout au Portugal mais il n'était presque joué nul part. Nous allions commencé avec lui, c'était évident.

Tout le monde est d'accord. On comprend vite qu'il faudra démarrer pour pas un rond. Peut-être à chaque fois : on appellerait ça Em Marcha. Ça pourra toujours commencer par des lectures mises en espace.

Là, avec Paulinho, j'ai eu envie de pousser notre pari avec la pauvreté : si on attendait de pouvoir se payer une vraie traduction, on allait perdre cet élan de la rencontre, du commencement, un truc qui nous plaisait aussi. On a décidé qu'on allait faire comme une "translation" ensemble, Paulinho - qui ne parle pas le français - et moi - qui commence à lire le portugais -, et avec l'aide de Rui, qui est bilingue. A partir du texte bien sûr et de la pré-traduction.

Et surtout : Paulinho me lit son texte, parfois on peut se voir, parfois c'est par téléphone. Je lui demande aussi de s'enregistrer. J'ai aussi envie qu'on parte de son phrasé et de la musicalité de cette langue (quand le français est si plat, sur ce plan). Et c'est par là qu'on cherche, directement par le plateau, le texte français que nous représenterons.

On a décidé qu'on n'allait pas chercher à faire une lecture "totale", qu'on allait choisir à partir de ce qui tenait bon comme ça sur le plateau, qu'on pourrait peut-être même y faire entendre du portugais aussi. Qu'on trouverait mieux ensemble que la pauvreté à laquelle on était acculé de part et d'autre, et qu'en accroissant l'échange entre nous, on trouverait un point de rencontre juste entre l'écriture de Paulinho et notre travail.