Saison 2012/2013

DU 26 AU 30 SEPTEMBRE 2012 À 20H30

Dimanche à 17h

 

© Quentin Mornay

En coréalisation avec Le Colombier, la Cie Maisencorepourquoipas / Collectif Impatience présente


HAPAX
Inspiré du journal de Witold Gombrowicz
 
Adaptation, Mise en scène Perrine Mornay
 
Avec Olivier Boréel, Serge Cartellier, Jana Klein
Conseil artistique Sophie Faria
Scénographie Perrine Mornay
Lumière Cyril Leclerc
Régie Esther Silber
Administration Groupe Duende / Collectif Impatience

NOTE D’INTENTION - par PERRINE MORNAY

J’ai découvert Gombrowicz, comme beaucoup de gens en lisant La Pornographie, d’abord à cause du titre. Quand on lit le Journal, on est à la fois face à la figure de l’auteur et face à l’insolence de son écriture.
Gombrowicz remet du jeu et de l’informe là où tout semble figé et institué. Il se répète, s’acharne, se contredit, se moque de lui, des autres aussi - pas mal - avec la pudeur des gens lucides qui n’ont rien à cacher. Il y a de l’émotion dans ses pensées qui veulent se débarrasser des idées reçues, des consensus mous et embourbés, sans que jamais ça ne devienne une pose.
C’est, pour les acteurs, une base de travail ouverte aux fantasmes sur l’incarnation et le rapport au public. J’avais envie de remettre de l’informe dans l’idée de l’interprétation. Partir du flot de ce journal me permettait d’imaginer un spectacle sans le soumettre à la finalité d’une forme prédéfinie : être prêt à rater, à ne pas faire tout entendre, à ne pas arbitrer entre les images et le texte.

Dans Hapax, tout se défait tout le temps, tout se cherche en permanence et le point final n’est jamais sûr... C’est ça qui est beau : ne pas se soucier du résultat.

La Critique en parle- par Mari-Mai Corbel (http://corbelmarimai.wordpress.com/)

Perrine Mornay qui vient des arts plastiques et a plutôt travaillé la performance, dans HAPAX, met le théâtre au service de cette sensibilité, montrant par la même occasion tout le dérisoire du “théâââtre”. Point d’incarnation mais une recherche sur le clown et un “hyper jeu”. Déformation de voix et du corps, parodie de figures gombrowiczienne obsédante de la jeune fille sportive et moderne, caricature tendre de l’auteur vieillissant et malade… Serge Cartellier, Jana Klein et Olivier Borréel se glissent dans les formes ludiques d’expression qu’ils ont trouvées, y injectant leurs présences un iota décalées, parce que vivantes. Ça déborde. Ils ne cherchent pas nous faire croire à l’apparition d’un personnage mais jouent la lutte entre la forme et leur propre existence.

Du Journal, Perrine Mornay a choisi avec un esprit de concision assez fou quelques passages brefs qui synthétisent les thèmes de prédilection de cet auteur aux oeuvres aussi bizarres qu’ironiques : l’inachèvement de la jeunesse qu’il nomme l’immaturité, la laideur de la beauté formelle, le ridicule de la poésie écrite dans l’intention de faire de la poésie, le grotesque de la fraternisation avec la nature ou les classes inférieures ou encore avec la jeunesse, la guerre entre le semblant et la vérité, la vérité chez Gombrowicz n’existant pas en soi mais dans le jeu des ambivalences. Toute la complexité de cette pensée est condensée et confrontée aux paradoxes de l’acteur. Au coeur de cette pensée, la critique de la poésie écrite comme de la poésie que Gombrowicz compare à un “produit de synthèse chimique”. C’est sans doute cette distance à l’égard de la forme strictement poétique qui lui doit de n’être plus très en vogue, tant elle peut, appliquée au roman ou au théâtre, mettre à mal bon nombre des productions contemporaines.

 

Une production de la Cie Maisencorepourquoipas / Collectif Impatience (production déléguée : Groupe Duende / Collectif Impatience). Avec l'aide à la production d'Arcadi et le soutien de la SPEDIDAM. Avec le soutien du Festival 360, de l'APRC Port Royal des Champs, de l'Institut Polonais, de Ramdam à Sainte-Foy-lès-Lyon, de la Générale Nord-Est, de Lilas en Scène et d'un accueil résidence d'essai à la Ferme du Buisson - Scène nationale de Marne la Vallée. Avec le soutien de RAViV (Réseau des Arts Vivants en Île-de-France), dans le cadre du projet Partage d'espace(s) de travail et de répétitions. En coréalisation avec Le Colombier (Bagnolet).

Parcours Public / Autour de l'oeuvre de W. Gombrowicz

 

Vendredi 28 à l’issue de la représentation

Réponse critique sur Hapax /

Une proposition de Christophe Givois / metteur en scène et co-fondateur du Collectif Impatience, qui a pour but de promouvoir les spectacles des 3 metteurs en scène associés (Olivier Boréel, Christophe Givois et Perrine Monay) et de proposer des évènements communs. Chaque création est accompagnée de performances “critiques”, sorte de réponse faite au spectacle en cours. Pour Hapax, Christophe Givois répond sur le plateau par une performance à base de rock, de poésie et de vodka.

Dimanche 30 à l’issue de la représentation

Rencontre publique avec /

Rita Gombrowicz / romaniste et théoricienne de la littérature française
Jean-Pierre Salgas / critique et professeur d’Histoire et Théorie des Arts
Mari-Mai Corbel / critique de théâtre
Perrine Mornay / metteur en scène