Saison 2015/2016

DU 12 AU 24 JANVIER 2016 / Résidence de création

Du Lundi au Samedi à 20h30 / Dimanche à 17h / Relâche les jeudis

 

DR

 
Avec
Julie Brochen
Eric Challier
Maud Le Grevellec
Odile Cohen
Antoine Reinartz
Victoire Belezy
Cyril Hériard Dubreuil

Son et scénographie
Cyril Hériard Dubreuil

Lumière et régie générale
Louise Gibaud

Conseiller artistique
Jean-Paul Rouvrais

Administration de production
Angela de Vincenzo
En coproduction avec Le Colombier, la Cie En Déliaison présente
DÉCHIREMENTS
Écriture et mise en scène Cyril Hériard Dubreuil
Pièce n°2 des Révolutions Passives
 

Le texte/

Une société, un futur.
Dans cette société, les gens ne meurent plus que de vieillesse ou d'accident. La vie est considérée comme le bien le plus pécieux car dans cette société humaine où la mort se fait rare, le taux de naissance est extrêmement bas. Le crime, et surtout le suicide, ont été définitivement éradiqués grâce à une modification du génome humain : quand un certain faisceau de neurones s'activent dans le cerveau de celui qui a l'intention de commettre un crime ou un suicide, survient alors une crise d'épilepsie violente qui prévient tout passage à l'acte. Après une première tentative de suicide, l'individu est placé sous surveillance, - la Médiation -, mais reste libre de ses actes. À la deuxième tentative, il est enfermé à vie.
Tommy est un jeune homme d'une trentaine d'années, Aglaé est une petite fille de 6 ans. Tout deux sont atteints par une mystérieuse tâche noire qui grandit sur leur corps, et les pousse irrésistiblement à trouver un moyen de mettre fin à leurs jours. Tommy commet une première tentative. Échec. Un homme de loi, le Médiateur, suit son cas. Aglaé commet une première tentative. Elle y réussit. Pourquoi ? Le Médiateur essaie de lutter contre ces parias suicidaires qui menacent l'ordre de la société toute entière, mais il est lui-même gagné peu à peu par la mystérieuse tâche noire.

Propos / Cyril Hériard Dubreuil

Déchirements traite du droit à mourir.

En 2012, le suicide était la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans à travers le monde. On comprend bien l'acharnement des êtres vivants à survivre, mais l'acharnement d'une partie de l'humanité à mourir reste profondément troublant et mystérieux.
L'intérêt du traitement de ce thème par l'anticipation est de placer les personnages dans une situation extrême, celle d'une société sans crime, sans suicide, et où la mort n'est que très peu présente. Dans cette société les individus sont privés du droit de pouvoir en finir avec la vie. La législation française actuelle ne condamne pas le suicide au pénal, un suicidé qui se rate n'est pas jugé, mais elle interdit néanmoins à un individu qui souhaiterait mourir d'avoir accès à un moyen de mourir sans violence. La loi sur la fin de vie a été réexaminée récemment (en 2014) par le parlement.

« La pensée du suicide est une puissante consolation. Elle aide à bien passer plus d'une mauvaise nuit. »
Ainsi parlait Nietzsche (Par Delà le bien et le mal). Mais si cette pensée même du suicide était inutile, puisqu'irréalisable, quelle consolation devrions-nous chercher alors pour bien passer nos mauvaises nuits ?

Production : Cie En Déliaison. Coproduction : Les Compagnons de Jeu (direction Julie Brochen), C12 (Mantes-la-Jolie), Le Colombier / Cie Langajà Groupement (Bagnolet). Soutien : CNT (aide à la création), ARCADI (aide au projet), DRAC Île-de-France (aide au projet).


Extrait / Sortie de résidence au Collectif 12 par © c-dubreuil69

PARCOURS PUBLIC / ENTRÉE LIBRE

Réservation conseillée

 

SAMEDI 16 JANVIER / À 18h

Lecture - DÉNÉBULER Pièce n°3 des Révolutions Passives

Le Cycle des Révolutions passives est soutenu par le Centre National du Théâtre :
- Désorganisés, thème de la violence gratuite (Encouragement du CNT 2013)
- Déchirements, thème du suicide (Aide à la Création du CNT 2014)
- Dénébuler, thème de l'alcoolisme (Aide à la Création du CNT 2015)

Ce terme est l'assemblage de deux mots de sens opposés : révolution et passive.
Le mot révolution donne l'idée d'un bouleversement.
L'adjectif passive donne l'idée que ce bouleversement ne provient pas d'une impulsion volontaire, mais au contraire, qu'il est subi.
Il arrive un moment où une partie de l'humanité se trouve dans la position de l'esclave qui, ne pouvant plus répondre aux injonctions de son maître, se laisse dépérir ou pervertir, et donc ne peut tout simplement plus remplir sa fonction d'esclave. Le dépérissement de l'esclave entraîne la déliquescence de la société du maître. Ceci est révolutionnaire, ceci est passif.

Chaque pièce de ce cycle traite d'un des symptômes de la même maladie : une société autoritaire et inégalitaire exerçant une pression trop forte sur ses concitoyens.
Dénébuler traite de l'alcoolisme. Non pas d'un point de vue psychologique, celui d'une personne qui boit à cause d'un passé difficile ou pour des raisons personnelles, mais d'un point de vue économique : la pression que fait peser la société sur l'individu devient intolérable, et détruit dans l'individu l'idée même de faire société.
L'histoire de Dénébuler est celle de deux escort-girls, propriété d'une grande firme, et qui n'ont pour seule échappatoire à l'enfer qu'elles vivent, que de boire toujours plus d'alcool pour rendre leur corps non désirable, non consommable.

SAMEDI 23 JANVIER / À 18h

Mise en espace - DÉSORGANISÉS Pièce n°1 des Révolutions Passives

Par les élèves de théâtre du Lycée Montesquieu d'Herblay

Un jeune garçon instable, Ludo, s'éprend d'une jeune fille malade, Odile. Un jour, Ludo tire avec un fusil, depuis une fenêtre, sur son père et sur la mère d'Odile. Il est jugé pour ce double meurtre. La justice lui propose un marché : donner ses organes à la jeune fille malade en échange d’une remise de peine.

Cyril Hériard Dubreuil
Je travaille avec la Scène Nationale de Cergy depuis 6 ans. Le travail avec les élèves est souvent difficile et également souvent source d'immenses joies. Difficile parce qu'il n'est pas facile de faire sentir à des élèves qui n'ont pour seul repère en art dramatique que les séries télé, qu'il y a une autre possibilité d'expressivité, en dehors du jeu réaliste pur, et parfois si insipide. Mais source de grandes joies, parce que c'est une chance dans ma pratique artistique de pouvoir travailler 3 heures par semaine avec 20 ou 25 élèves sur toutes sortes de formes et de possibilités propres au théâtre. C'est aussi un grand bonheur d'en voir certains être littéralement transformés par la pratique artistique. Ce partenariat avec la Scène National de Cergy et les collèges et lycées du Val d'Oise est essentiel. Il permet un échange de grande qualité entre professeurs, élèves et artistes. Un cercle vertueux se dessine entre les professeurs qui se forment à la pratique théâtrale, les artistes qui les accompagnent lors des cours et enrichissent leur propre pratique et les élèves qui apprennent le théâtre et s'ouvrent ainsi aux spectacles qu'ils vont voir tout au long de l'année.

Je propose avec mes élèves de 1ère option théâtre, une forme à partir de Désorganisés. Le texte fournit de nombreuses scènes intéressantes pour des ados : la révolte, la violence, le premier amour, la confrontation à l'autorité, la perte de repères.