Saison 2011/2012

Du 17 au 29 Janvier 2012

Du Lundi au Samedi à 19h / Dimanche à 17h00 / Relâche le Jeudi

 

©DR

En partenariat avec Le Colombier, la Cie STRAPONTINE présente

L’ARRESTATION
Texte de Mario BATISTA
Mise en scène de l'auteur
Avec/Agnès Fourtinon, Ricky Tribord et Léonardo Rivillo
Conception lumière / Thomas Lichnerowicz
Collaboration / Elodie Mareau
 

L’Arrestation est l’histoire d’une arrestation, en temps réel.
Un policier stoppe un jeune homme dans la rue. Au prétexte de cette confrontation apparente, on assiste au déroulé d’un magma de frustrations qui empêtrent ce représentant de la loi, et qui tour à tour passe de l’invective à la plainte, sur un ton drolatique et sous le regard stupéfait de son jeune « arrêté ».

NOTE D'INTENTION

L’Arrestation est avant tout le portrait d’un personnage qui est un policier. Le potentiel comique de ce genre de personnage, s’il est largement exploité dans le « one man show » ou le cinéma, ne l’a pas été beaucoup, voir pas du tout au théâtre, du moins en dehors de la caricature. Et s’il était aussi, bien que drôle, un personnage tragique ? Qui réunit en lui les contradictions de la société, des contradictions d’autant plus lourdes que ce dernier représente l’Etat et les citoyens, et souvent aussi ( dans l’esprit de la population ), il représente l’intérêt de l’Etat contre l’intérêt du citoyen. Il me semble aussi que dans la période particulière que nous vivons, il peut être pertinent de toucher des zones sensibles pour en désamorcer la fureur potentielle, en se servant de l’arme du rire. Ce texte n’est donc pas un prétexte, mais une sorte de farce, qui n’a pas d’autre ambition que d’amuser...

Il était tentant, pour un auteur, de se pencher sur un personnage dont la fonction si controversée pousse presque systématiquement à la caricature. Et essayer de voir derrière les polémiques quasi quotidiennes, les scandales, les cris d’indignation, quel homme se cache dans l’uniforme. Et repousser ainsi une à une les idées reçues, les fantasmes, et globalement les peurs et les incertitudes qui jalonnent nos vies.
Il est très tentant, oui, de nous imaginer, chacun de nous, tour à tour, dans cette fonction presque sacerdotale du maintien de l’ordre, du gardiennage de la paix et imaginer ainsi comment nous ferions. A sa place. Quelle société nous sauterait aux yeux ou à la gorge, si nous étions dans les yeux de celui ou de ceux qui choisissent pour des raisons mystérieuses d’être des gardiens de la loi. Quelle mauvaise foi nous animerait, face à la mauvaise foi généralisée, face aux obligations venues de la hiérarchie et de la pression venue de la foule. Que serait ce métier, qu’on pratique de toute façon malgré nous, chaque fois qu’on se heurte à nos semblables et qu’on se blesse. Chaque fois qu’une injustice naît et se répand et s’endurcit, et qu’on assiste, impuissants, à sa dissémination.

Chacun de nous à la fois dans le même uniforme, chacun de nous, homme ou femme, avec le bâton de la loi à la main. De quoi serions-nous capables ? Comment dépasserions-nous notre aspiration de plus en plus tyrannique à la sécurité, à l’anticipation des événements, à la prévention des accidents, et des malheurs en général, et en même temps, comment garderions-nous, dans ce déferlement de morale et de sentimentalisme, notre liberté d’agir et de penser ? Notre liberté de vivre selon nos propres souhaits individuels ?

Concilier l’inconciliable. Tout exiger et en même temps ne jamais renoncer à rien. En somme être humains, profondément, irrémédiablement, tragiquement humains. Oui, c’était ça l’idée : faire une comédie pour mettre nos yeux dans les yeux d’un « flic », et nous regarder, nous, à travers son propre regard, nous regarder joyeusement, irrésistiblement.

Production / STRAPONTINE. Avec l'aide à la production d'ARCADI. En partenariat avec Le Colombier (Bagnolet) dans le cadre d'une résidence de création, du 19 au 31 décembre 2011. Texte soutenu par Centre National du Théâtre. En partenariat avec Mains d'œuvres.