Saison 2012/2013

Du 20 Novembre au 1er Décembre 2012 à 20h30 - Scolaires les 23 et 30 Novembre à 14h30

Relâches les Dimanche, lundi et Jeudis

 

© François Chaffin

 

“Puis elles reviennent là d’où elles étaient parties, aux sources mêmes que le dieu avait fait jaillir pour elles. Elles y lavent le sang qui les couvre; et les gouttes qui coulent le long de leurs joues, avec leur langue les serpents les lèchent; ils sèchent leur corps qui brille.“
Euripide, Les Bacchantes

En Coréalisation avec Le Colombier, la Cie Le Théâtre du Menteur présente

COMME LE CHIEN
De François Chaffin sous l'influence des Bacchantes d'Euripide
 
Auteur-en-Scène et Lumières / François Chaffin
Jeu et Choeur /Céline Liger, Rebecca Bonnet, Serge Barbagallo, Thierry Barthe, Julien Defaye
Guitares et musiques machinales /Benjamin Coursier
Esthétique sonore / Denis Malard
Construction / Paco Galan
Production et diffusion / Elodie Couraud
 
Spectacle recommandé à partir de 13 ans
 
Exposition photographique au Colombier de Ernesto Timor
 

Poème Rock pour chœur énervé  !

La reine Équation et son conseiller Monsieur Disney décident, pour tempérer les remous d’un peuple en colère, d’ériger un parc d’attraction  : L’Olympe  !

Mais un étranger est là (Dionysos), qui par sa présence trouble et sa parole insoumise, détraque le processus de divertissement populaire.
Et le jour de l’inauguration, cet enchanteur jette femmes et hommes dans une folie joyeuse, saccageant l'Olympe et le pouvoir, laissant après eux décombres et cadavres, chaos d’où peut-être jailliront les fondements d’une humanité retrouvée.

Intuitions d'auteur / François Chaffin

C’est tout particulièrement autour de ce concept d’altérité, d’insoumission à la norme, que j’ai très librement orienté mon adaptation des Bacchantes, proposant à des personnages stéréotypiques (La reine Équation, Monsieur Disney) ou métaphoriques (Le Corps étranger, La Rumeur, Le Théâtre du monde) d’évoluer dans un parc d’attractions, symbole même du contrôle par les pouvoirs de la nature humaine et de l’assouvissement de ses désirs.

Ainsi, venu d’on ne sait où, apparaît le Corps étranger, présent et absent, proche et lointain, brouillant toutes les frontières, mêlant l’illusoire et le réel, qui stimule et fait éclater l’expression de nos sens... Qui est-il pour nous attirer à sa suite, décider de notre existence ? Et, du point de vue du pouvoir, en quoi sa différence nous inquiète-t-elle, au nom de quelle normalité la réprouvons-nous, et pour quelle raison cependant sommes-nous troublés par sa proximité, tourmentés par nos propres empêchements, sensuellement, organiquement livrés à notre part d’ombre ?...

Dieu de l’épiphanie, Dionysos se révèle en se cachant, s’impose dans un face à face où le fidèle et le dieu se rejoignent. Il n’est porteur d’aucun message mystique ; il ne promet pas le salut ; il ne se soucie pas du destin de l’âme après la mort. Il incarne, au sein même de la culture, la figure de l’Autre.

Et s’il exige d’être reconnu comme dieu de la cité, non d’un groupe marginal, c’est pour placer au cœur de la vie publique des pratiques qui comportent des aspects d’excentricité.

Leviers sournois d’un pouvoir qui tend à nous proposer un champ (de plus en plus) restreint de pensées, d’actions créatrices et singulières, les divertissements, toujours plus intégrés aux périmètres de la marchandisation, n’ont à nous offrir qu’un échappatoire lyophilisé à tout ce qui nous empêche, à moins qu’un jour prochain Dionysos nous ré-enchante, et qu’enfin nous nous laissions aller aux Bacchanales, reprenant possession à travers elles.

 

Production / Le Théâtre du Menteur. Co-production / Scène nationale de Dieppe, Villes de La Norville, Saint-Germain-lès-Arpajon, Arpajon, Morsang sur Orge. Avec le soutien du théâtre Victor Hugo de Bagneux et du service culturel de la ville de Marcoussis. Comme le chien a reçu le soutien de la SPEDIDAM.

Le Théâtre du Menteur est conventionnée par la DRAC Ile-de-France, le Conseil Régional d'Ile-de-France et le Conseil Général de l'Essonne. Le Théâtre du Menteur est en compagnonnage avec les villes de La Norville, d'Arpajon et de Saint-Germain-lès-Arpajon et développe un projet d'implantation (La Cavalerie) sur le territoire de la Communauté de Communes du Val d'Essonne.
François chaffin est artiste associé à la scène nationale de Dieppe (saison 2011/2012) et au théâtre Kaze de Tokyo

Parcours Public / Autour de l'auteur-en-scène

Le 1er Décembre à 17h

PROMÉTHÉE / Poème Électrique
Inspiré du Prométhée Enchaîné d'Eschyle
 
Textes, voix et lumière/ François Chaffin
Guitares et boucles / Benjamin Coursier
Esthétique sonore / Denis Malard
Regards et mouvements / Céline Liger
Images projetées / Julien Defaye

Prométhée, Prisonnier Politique !

« On ne sert rien de l’homme si on ne le sert pas tout entier. » Camus est sûr que si Prométhée revenait, il serait cloué au pilori de la même manière qu’il y a longtemps. Les dieux d’hier sont devenus les hommes d’aujourd’hui. L’héritage des pouvoirs se perpétue, indifférent à la révolte prométhéenne, oublieux de la leçon de justice. Retour à la case départ.
S’appuyant sur le mythe fondateur, le texte interroge notre époque, à travers les thèmes du progrès, de la mécanisation du lien social et de la répartition des richesses, alors que jamais l’homme n’a autant confondu le feu et la lumière, la connaissance et le pouvoir.
Prométhée poème électrique est un texte-oratorio écrit pour une voix et beaucoup de guitares, travaillant la figure d’un Prométhée contemporain revenu nous demander ce que nous avons fait de son feu…
Dans les pulsations d’une poésie électrique et mal élevée, la voix se tresse dans les cordes d’une guitare aux mille sonorités, formant en elle un dit poétique et combustible, une pulsation verbale et mélodique…

 

© Bertrand Sampeur / Ernesto Timor