Saison 2021/2022

Création de texte - spectacle Jeunesse
DU 19 AU 23 OCTOBRE 2021

Du mardi au samedi à 20h30 / Relâche jeudi 21 octobre au soir
Représentations scolaires les 21 et 22 octobre à 14h
Durée 1h
À voir dès 10 ans
 
 


Collaboration dramaturgie
Jean-Baptiste Evette

Collaboration à la mise en scène
Direction d’acteur
Redjep Mitrovitsa

Création lumières
Flore Marvaud

Création sonore
Arnaud Delannoy

Décors et accessoires
Julie Bossard

Régie lumière
Cédric Lasne

Photographie
Joseph Levadoux

Stagiaire assistant mise en scène
Paul Dussauze
 

Résidence de création
au Colombier
sur 2021-22
Avec le soutien
de la DRAC Île-de-France
 

Mercredi 20 octobre
Rencontre

Avec Simon Pitaqaj
et l'équipe de création
À l'issue de la représentation
 
Dans le cadre de sa résidence au Colombier, la Cie Liria présente
 
LE PRINCE
Librement inspiré de l’Adolescent de Dostoïevski
Adaptation, mise en scène, jeu Simon Pitaqaj
 
 

À l’âge de six ans, Arkadi est placé par ses parents dans un pensionnat où il reçoit une éducation d’élite. Il y prend alors conscience de son statut de « bâtard» car sa différence sociale lui vaut d’être la risée de l’école. Durant son apprentissage, une idée émerge au fond de lui : devenir riche, afin d’être aussi puissant que son père. Il ne peut pas s’empêcher de mettre en parallèle son histoire et celle de son ami Moussa, enfant perturbateur, mais lui placé dans une école coranique.

 

NOTE D’INTENTION / Simon Pitaqaj

L’essence de cette création repose sur mon obsession au bout d’une quête, celle d’un personnage que je sens récurrent dans la bibliographie de Fédor Dostoïevski. Tout commence avec les Carnets du sous-sol écrits en 1864 : « L’homme du sous- sol », et se poursuit avec « l’homme ridicule » du Rêve d’un homme ridicule (1878). Ces deux hommes n’ont pas de nom, et leurs histoires se déroulent à vingt ans d’écart. Le premier a quarante ans, le second, soixante. Selon moi, les deux personnages ne font en réalité qu’un, et c’est d’ailleurs pour cela que dans mon adaptation du Rêve d’un homme ridicule le protagoniste est toujours dans son sous-sol. On ne connaît rien ou très peu de l’enfance et de l’adolescence de ce personnage récurrent. Cela m’a toujours obsédé ! Tout au long des créations de ces deux pièces, je me suis demandé quelle enfance avait-il eu pour devenir ce qu’il est ?! Quel est son prénom, son nom ? Avait-il une mère, un père, une sœur ou un frère ? Etait-il orphelin ? Allait-t-il à l’école ? Inconsciemment, dans le spectacle L’Homme du sous-sol, j’avais considéré mon personnage comme orphelin : « J’ai jamais pu dire pardon papa, je ne ferai plus ». Cette phrase m’a toujours interrogé ! Tout cela m’a tourmenté jusqu’à ce que je lise cet autre texte de Dostoïevski, l’Adolescent : se dessinent alors devant moi l’enfance et l’adolescence de cet homme ridicule du sous-sol, car pour moi le Prince Arkadi Dolgorouki a tous les traits de caractère du personnage que j’avais mis en scène jusque-là.

Mais fouiller son enfance n’était pas suffisant, il m’a semblé nécessaire de m’interroger sur sa filiation et notamment ce lien avec son, ou plutôt, ses pères. Qui sont-ils : légitime, illégitime ? Qui est sa mère ? Mon personnage était jusque-là orphelin, C’est l’Adolescent qui me donne la réponse : le Prince Arkadi a deux pères mais aucun des deux n’a voulu s’occuper de lui. Il n’a reçu aucune forme d’amour. C’est « pour son bien » que les deux pères ont préféré le mettre dans un pensionnat français à l’âge de 7 ans. C’est une enfance solitaire, enfermé sur lui-même, que vit Arkadi, qui interroge la raison même de son placement par ses pères. Était-ce vraiment pour son bien ou pour celui de ses parents ?

Ce pensionnat fait alors écho à mon travail depuis quelques années avec « les papas courage » (un groupe d’écriture formé de pères à Corbeil-Essonnes). J’y comprends au fil des séances que certains parents envoient leurs fils (que l’école publique appelle « enfant perturbateur ») dans des écoles coraniques pour faire leur éducation. Ces enfants sont placés par les parents « pour leur bien » mais aussi et surtout pour le bien des parents à cours de solution. Ces enfants hors normes partent alors dans un pays inconnu, dont ils ne maitrisent pas la langue, pour une éducation qu’ils n’ont pas choisie, loin de leurs proches et loin de leur pays de naissance. Une enfance perdue dans les déserts, des garçons élevés sans amour, souvent forcés à aller travailler. L’école française étiquette ces enfants comme « perturbateurs », ce qui les poursuivra jusqu’à l’âge adulte. Abandonnés par le système scolaire, ces parents sont démunis face à leurs propres enfants, et trouvent une solution dans ces structures éloignées.
Finalement, le chemin que parcourt Arkadi questionne l’amour paternel, si peu montré ou extériorisé, et que je souhaite particulièrement interroger dans ce spectacle, en mettant en parallèle le discours des Papas Courage et le texte de Dostoïevski.

Production Cie Liria
Coproduction le Théâtre de Corbeil-Essonnes, le TAG- Amin Théâtre
Soutiens le Ministère de la Culture - DRAC Île de France, le Département de l'Essonne
Coréalisation Théâtre Dunois (Paris), Théâtre Le Colombier (Bagnolet)
La Cie Liria est conventionnée avec la Région Île de France dans le cadre d'une Permanence Artistique et Culturelle, et en résidence artistique en milieu scolaire au lycée Eugène Henaff (Bagnolet) dans le cadre du dispositif DRAC.

 

LA PRESSE EN PARLE...

 
"Ces vies parallèles à plus d’un siècle de distance s’éclairent l’une l’autre. Elles rendent proches les tourments d’Arkadi, la naissance de la tentation de l’argent facile qui traverse aussi l’esprit de Moussa, et jettent les bases d’une amitié hors-temps qui aide à traverser ces abîmes de solitude."
blog Hottello / Véronique Hotte
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PARCOURS PUBLIC / GRATUIT SUR RÉSERVATION

SAMEDI 23 OCTOBRE À 18H

PRÉSENTATION DE TRAVAIL EN COURS - Création 2021
 

Simon Pitaqaj travaille à la ré-écriture et la mise en scène d'un projet mettant en résonance Le Festin avant la Peste de Pouchkine lui-même, et Les derniers instants de Pouchkine de Vassili Joukovski.

Simon Pitaqaj

Simon Pitaqaj est né à Gjakovë, au Kosovo. Il se forme en France à l’atelier d’expression théâtrale Radka Riaskova et auprès du metteur enscène russe Anatoli Vassiliev. Parallèlement à son travail de metteur en scène et de comédien, il est dramaturge et conteur. Il met en scène Les émigrés et Jour d’été de Slawomir Mrozek, Un pour la route d’Harold Pinter, Don Juan de Michel de Ghelderode, Les soeurs siamuses création collective, L’homme du sous-sol de Dostoïevski, La Vieille guerre – Bataille du Kosovo 1389 (Prix « Guerre Millénaire» du blog Le Souffleur) d’après les légendes des Balkans et trois chants funèbres du Kosovo de Kadare (re-écrit par Simon Pitaqaj et Samuel Albaric), Nous, les petits enfants de Tito (Prix CNT) de Simon Pitaqaj. Vaki Kosovar qu’il a co-écrit et mis en scène par Gilles Cuche. Adaptation et mise en scène Le Pont d’Ismail Kadaré, Le rêve d’un homme ridicule de Dostoïevski, la lecture La légende du grand inquisiteur de Dostoïevski.

 
Lien sur le site de la Cie